Patrimoine


Les porches (chicanettes)

On a l’habitude de les appeler porches, alors que dans tout le sud de la France on use surtout du nom d’androne (ou endorne), mot d’origine grecque, pour les désigner. On en trouve davantage en Cévennes qu’en plaine et la ville de Ganges en compte un très grand nombre.

Lansargues possède plusieurs passages de ce type, tous en son centre historique, mais leurs origines peuvent être différentes. On en compte trois très particuliers.

D’abord celui dit de la Chicanette, proche de l’Hospitalet dont le nom évoque l’époque médiévale où sans doute était établi là un lieu qui accueillait les malades lors des grandes épidémies. Par le Plan de La Gascogne et le porche de l’ancienne boulangerie Allègre, ce circuit tortueux fait communiquer autrement la Place de la Mairie avec le bas de la rue Saint-Jean[1], et, par la rue Figuerolle et le porche de Bonfils (Impasse Figuerolle), avec le haut de la rue Lombard. C’est donc là tout un système de venelles qui dut être très fréquenté par le passé.

Deux autres porches semblent étroitement liés et forment une véritable suite des deux côtés de la Grand-Rue, laquelle coupe à angle droit sa continuité. Ce sont celui du Faubourg Bonaparte qui fait communiquer l’Avenue Grasset Morel et la Grand-Rue, et le passage des Caladons qui, avec un parcours anguleux, va rejoindre la rue Louis Bouscarain.


A l’origine, certains de ces passages très étroits étaient privés et munis de portes. On peut voir encore l’imposte de l’une d’elles sur la sortie ouest de celui du Faubourg Bonaparte. Mais ils contribuaient ainsi au système de défense du village en des temps d’insécurité, tels ceux ou les compagnies de routiers écumaient le pays après la Guerre de cent ans ou lors des Guerres de religions. On pouvait soit les barricader, soit y tendre des embuscades contre les intrus.

D’autres porches semblent avoir pour origine une entrée d’important domaine fermier aux bâtiments entourant une vaste cour intérieure, mais peu à peu divisée au cours des héritages successifs. Ce sont alors des passages très courts et c’est peut-être le cas du petit porche à l’angle de la Grand Rue et de la rue Montels.


Certains porches faisaient sans doute partie d’un système de communication semblable aux deux premiers cités, surtout en ce qui concerne les alentours de l’église, mais on ne peut que le supposer, tant les transformations furent nombreuses après la reconstruction et l’agrandissement de l’église qui dévia nettement plus au sud la partie ouest de la rue de Montels. Le porche d’Estève et celui de Tournon pourraient bien avoir fait partie de ce système sans doute relié aux autres.


Il est pourtant bien difficile d’en juger, tant les transformations ont été nombreuses au cours des siècles. La dernière en date, ayant eu pour effet la création d’un nouveau porche est récente puisqu’il s’agit du percement permettant de faire communiquer le centre-ville et l’Avenue des Cévennes (Porche du marché).

[1] On peut penser qu’en d’autres temps, toute la partie de la rue Saint-Jean à partir du parking n’était pas construite.

Photos de porches (Chicanettes)