Patrimoine


La mairie et la place Saint-Jean

La mairie

La mairie de Lansargues avait pour premier usage celui de halles marchandes et servit aussi de salle de bal lors des fêtes, ou de salle de réunion. Ces halles ont ensuite été aménagées pour remplacer l’ancienne mairie, vétuste et malcommode. Dans le style du pavillon Baltard qui allie la fonte, le fer et le verre, le bâtiment se distingue par le haut de sa façade aux motifs géométriques de briques multicolores à dominante rouge qui lui donne un caractère moderne et gai.

La place Saint-Jean

Lorsque la place Saint-Jean fut réalisée, le projet en avait été longtemps mûri et réfléchi. En effet les archives de notre village nous apprennent que, dès 1905, le maire dont elles portent le nom avait demandé à son conseil municipal de délibérer sur une demande d’emprunt pour la construction d’une place publique et d’un marché couvert.

Si nous ne possédons pas d’informations sur l’inauguration de cette double réalisation, nous pouvons toutefois suivre sa gestation. Avec par exemple cette lettre du maire qui pour les besoins des dossiers administratifs certifie que Lansargues compte alors 1.842 habitants et que ses édiles sont au nombre de 15… ou encore avec l’arrêté préfectoral du 9 janvier 1906 qui autorise la réalisation du projet.

Et il est émouvant de déplier la grande affiche rose qui annonce que l’adjudication des travaux se fera à Lansargues, le 18 août 1907 “à 3 heures et demi du soir”. L’estimation en était de 2.961 francs, 81 centimes. Pour cette séance d’adjudication, le maire, Pierre Rouché, présidait, assisté de Guillaume Dissat et Hippolyte Esbérard.

La belle architecture du marché couvert, dans le style des pavillons de Baltard et l’ovale de la place, si proche de l’œuf montpelliérain, avaient nécessité l’achat et la démolition de 14 immeubles et nous savons que l’estimation de tout cela était de 117.000 francs.

Peu de temps après la réalisation du projet, le maire étant alors Roman, la rue du Marché et la rue de Moulines étaient remises en état. Puis, en 1913, on pavait le carrefour du Marché et la Placette. Le cœur de notre village était donc alors très proche de son aspect actuel.

En 1920, avec une souscription des habitants de Lansargues, était érigé le monument aux Morts, en même temps que celui du cimetière.

En 1930, sous l’édilité de Louis Bouscarain, de nouveaux travaux, dits d’assainissement, étaient entrepris sur la Placette. Puis, en 1934, avec le même maire, la Place Saint-Jean était dotée d’un revêtement bitumineux et de caniveaux. Et dans la foulée, plusieurs artères du cœur du village étaient aussi rénovées. En 1940, c’était le vieux mécanisme de l’horloge qui était rénové.

Au tout début des années 80, notre Place Saint-Jean allait connaître son changement le plus marquant avec la réhabilitation du Marché couvert en Mairie. La décision fut prise à l’unanimité par le Conseil Municipal, le 25 novembre 1980 et, le 1er mai 1982, Michel Lazerges, Maire, Gérard Saumade, Président du Conseil Général et Théo Luce inauguraient notre nouvel Hôtel de Ville. Cette réalisation s’accompagnait d’une réfection de la place et de ses abords avec divers aménagements.

Enfin, en 1999, toujours sous mandat de Michel Lazerges, notre Place Saint-Jean trouvait l’aspect que nous lui connaissons actuellement.

Alors, comment ne pas évoquer le temps des Halles servant de salle de bal pour la Saint-Martin et la place accueillant les baraques foraines lors des fêtes… Et puis, pour les plus vieux, l’arrosage des platanes à l’engraussel au plus gros de l’été… Et aussi les haltes du taureau à la corde, attaché au vieux lampadaire central… et les feux d’artifice… et les banquets de 14 juillet… et les concerts de l’Union Musicale… ou, plus curieusement, l’époque où ce lieu public servit d’entrepôt pour le conditionnement des pommes.

Ah ! Combien le qualificatif de publique sonne bien après le mot place !

Que notre Place Saint-Jean, et avec elle notre Mairie, demeure ce point essentiel de la vie publique lansarguoise, ce lieu de rencontre, de convivialité, de communauté. Pour des centaines d’années encore.

Photos d'hier et d'aujourd'hui